La Chauve-souris dans la littérature
Un jour j’étais en train de déballer des affaires quand j’ai entendu un piaillement irrité. J’ai décollé l’isolant, et un nuage de fiente desséchée s’est répendu dans la pièce. Le piaillement s’est amplifié. Je suis allé à la salle de bains, et en revenant j’ai entendu un grignotement accompagné de piaillements encore plus forts, et là j’ai vu une chauve-souris nichée dans un coin, les ailes à demi repliées, qui grignotait avec rage un numéro de Harper’s Magazine. Elle était furieuse, montrant les dents comme un chien, des dents étonnamment crochues. Le journal avait publié un article sur les chauves-souris et la rage ; j’ai pensé que celle-ci était peut-être atteinte de la maladie. Quand je l’ai capturée en l’enfermant dans une corbeille à papier en plastique, elle s’est mise à criailler furieusement et à ronger le plastique. J’ai appelé le service vétérinaire, et ils m’ont envoyé un policier municipal au visage angélique qui devait avoir vingt-deux ans, accompagné de sa nièce de dix ans qui a attendu dans la voiture de service. Il a enfermé l’animal dans une gamelle munie d’un couvercle à vis. Ça coûtait trop cher de lui faire un test de dépistage, nous a-t-il dit : il a sorti une pelle de son coffre et s’est mis au fond du jardin pour tuer la chauve-souris et l’enterrer dans un coin. On l’a remercié et il est reparti avec sa petite nièce. J’avais le sentiment d’avoir mal fait.