La Chauve-souris dans la littérature


Extraits

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Une chauve-souris
Aimait un parapluie,
Un grand parapluie noir
Découpé dans la nuit,
Par goût du désespoir
Car tout glissait sur lui,
Une chauve-souris
Aimait un parapluie.
 
Elle marchait au radar,
Le sommeil l’avait fuie,
Elle voulait s’mettre à boire,
Se jeter au fond d’un puits.
Une chauve-souris
Aimait un parapluie
Un grand parapluie noir
Découpé dans la nuit.
 
Sans jamais s’émouvoir
Pour cette chauve souris
Le grand parapluie noir
Sortait de son étui.
Il prenait sous son aile
Soin d’une belle-de-nuit
Qui, boulevard Saint-Marcel,
Le nourissait de pluie.
 
Puis le grand accessoire
Se mit à voyager
Dans son bel habit noir,
Son habit noir de jais.
Après les palabres,
Pour faire un peu d’osier,
Un avaleur de sabres
Le mit dans son gosier.
 
À un acrobate,
Servit de balancier,
Un vendeur de cravates
Le prit comme associé,
Puis il se déplia
Sur une permanente
Puis se déplia
Car il pleuvait sur Nantes.
 
Une chauve-souris
Demoiselle de la nuit,
Une chauve-souris,
Aimait un parapluie.
Elle vint chercher l’oubli
Au fond d’un vieux manoir
Où elle mourait d’ennui
Pendant que le parapluie
Menait au Père-Lachaise
Une vie de bâton d’chaise.
 
Un jour de mauvais temps,
Un jour de mauvais temps,
Un brusque coup de vent
Lui mit les pieds devant.
On le laissa pour mort
Dans quelque caniveau,
On le laissa pour mort
Avec le bec dans l’eau.
 
En voyant son squelette
Qui faisait sa toilette
Parmis les détritus
Et les denrées foutues,
"C’est la chance qui m’sourit !"
Hurla la chauve-souris,
"Je le croyais perdu,
Le manche est revenu".
 
Riant comme une baleine,
Pleurant comme une madeleine,
Une chauve-souris
Aimait un parapluie.
Ils allèrent se dire oui
Dans le grenier de la mairie,
Une chauve-souris
Aimait un parapluie.
  • FERSEN Thomas, La Chauve-souris, Éditions Bucéphale.

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