Graphistolages & écrivadrouilles

Polaroïds

par El Murciélago, Léo, Od, VENEAU Emmanuel

Polaroïd 7 : résignation et maturité

Polaroïd 7 Auguste ou Pierrot, lequel est le plus rigolo ? Clown rouge ou clown blanc, en qui sommeille l’enfant ? Larmes rouges ou songes blancs ? Rires et chagrins disparaîtront sous maquillages et déguisements.

Polaroïd 19 : vide et lassitude

Polaroïd 19 Le silence nous guette de nouveau ; les mots s’éparpillent lorsqu’on les approche. Les paroles les plus simples déchirent une gorge déshabituée et meurent contre les dents, filet amer. Et les lèvres desséchées, par la langue humectée, de se taire encore.

Polaroïd 23 : conscience et désinvolture

Polaroïd 23 Le masque s’est fait chair. Le soir, vous l’enlevez, dans le miroir, le regard clair. Vous pensez vous être retrouvé : trait pour trait. Vous pensez vous être reconnu : sang pour sang. D’une lame s’aiguise le fil... Au matin, le masque s’est reconstitué. Dans le reflet, vous devinez sa présence. Sous-jacente puis évidente. La chair, elle, se souvient de ce que vous êtes devenus. Couteau dans la plaie.

Polaroïd 31 : doute et pressentiment

Polaroïd 31 Une lame s’effile, s’affole, dérape sur l’insomnie et entaille la chair. Le sang perle sur la coupure-douleur. Rosée sanglante, bientôt brunissante, déjà coagulée. Le sang disparaît, s’efface entre les mains de l’enfant, frottées l’une à l’autre. Cicatrisation. Souffrance lapée. La langue sur la plaie. Mais la cicatrice nous reste sur les bras.

Polaroïd 43 : répit et clarté

Polaroïd 43 Ils se sont tus, mettant fin au staccato des paroles inutiles. Devraient-ils vivre en attendant mieux ? Cueillir avec les dents les derniers gardénias, s’amputer d’une dernière révolte et accepter la muselière ? Leur peau se tend sur leur chair meurtrie et nos tatouages révèlent des carnages obscènes. Nos gestes, seuls, pourraient leur redonner vie ? Anges atrophiés, clowns dépressifs : piètres guetteurs !

Polaroïd 47 : frisson et sursaut

Polaroïd 47 Ainsi, vos désirs seraient couleur de miel ? (sans doute). Et l’été y ferait jouer en transparence des teintes émouvantes ? (bien sûr). Alors criez-les fort ! Hurlez-les vite ! Ces lambeaux de rêves arrachés à l’enfance. Paupières cousues. Langue nouée. Ils vous seront repris un à un. Jusqu’à plus qu’un. Jusqu’à folie. Jusqu’à plus rien.

Polaroïd 61 : délire et gesticulation

Polaroïd 61 Viendra le moment de s’offrir au public, en un rictus névrosé, en une balafre ricanante. Viendra l’heure du choix. Le moment où il faudra tomber le masque, de nouveau être soi.

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