Polaroïds
Polaroïd 7 : résignation et maturité
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Auguste ou Pierrot, lequel est le plus rigolo ? Clown rouge ou clown blanc, en qui sommeille l’enfant ? Larmes rouges ou songes blancs ? Rires et chagrins disparaîtront sous maquillages et déguisements. |
Polaroïd 19 : vide et lassitude
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Le silence nous guette de nouveau ; les mots s’éparpillent lorsqu’on les approche. Les paroles les plus simples déchirent une gorge déshabituée et meurent contre les dents, filet amer. Et les lèvres desséchées, par la langue humectée, de se taire encore. |
Polaroïd 23 : conscience et désinvolture
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Le masque s’est fait chair. Le soir, vous l’enlevez, dans le miroir, le regard clair. Vous pensez vous être retrouvé : trait pour trait. Vous pensez vous être reconnu : sang pour sang. D’une lame s’aiguise le fil... Au matin, le masque s’est reconstitué. Dans le reflet, vous devinez sa présence. Sous-jacente puis évidente. La chair, elle, se souvient de ce que vous êtes devenus. Couteau dans la plaie. |
Polaroïd 31 : doute et pressentiment
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Une lame s’effile, s’affole, dérape sur l’insomnie et entaille la chair. Le sang perle sur la coupure-douleur. Rosée sanglante, bientôt brunissante, déjà coagulée. Le sang disparaît, s’efface entre les mains de l’enfant, frottées l’une à l’autre. Cicatrisation. Souffrance lapée. La langue sur la plaie. Mais la cicatrice nous reste sur les bras. |
Polaroïd 43 : répit et clarté
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Ils se sont tus, mettant fin au staccato des paroles inutiles. Devraient-ils vivre en attendant mieux ? Cueillir avec les dents les derniers gardénias, s’amputer d’une dernière révolte et accepter la muselière ? Leur peau se tend sur leur chair meurtrie et nos tatouages révèlent des carnages obscènes. Nos gestes, seuls, pourraient leur redonner vie ? Anges atrophiés, clowns dépressifs : piètres guetteurs ! |
Polaroïd 47 : frisson et sursaut
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Ainsi, vos désirs seraient couleur de miel ? (sans doute). Et l’été y ferait jouer en transparence des teintes émouvantes ? (bien sûr). Alors criez-les fort ! Hurlez-les vite ! Ces lambeaux de rêves arrachés à l’enfance. Paupières cousues. Langue nouée. Ils vous seront repris un à un. Jusqu’à plus qu’un. Jusqu’à folie. Jusqu’à plus rien. |
Polaroïd 61 : délire et gesticulation
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Viendra le moment de s’offrir au public, en un rictus névrosé, en une balafre ricanante. Viendra l’heure du choix. Le moment où il faudra tomber le masque, de nouveau être soi. |
Les auteurs des œuvres présentées ici restent intégralement propriétaires de celles-ci.
- Textes de El Murciélago
(Février 2001).
- Iconographie :
Polaroïd 7, photographie de Od
(2001)
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Polaroïd 19, montage de El Murciélago, photographies de Od et de VENEAU Emmanuel
(2001)
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Polaroïd 23, photographie de Léo
(2001)
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Polaroïd 31, montage de El Murciélago, photographies de VENEAU Emmanuel
(2001)
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Polaroïd 43, montage de El Murciélago, photographies de VENEAU Emmanuel
(2001)
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Polaroïd 47, montage de El Murciélago, photographies de Od et de Léo
(2001)
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Polaroïd 61, montage de El Murciélago, photographies de VENEAU Emmanuel
(2001)
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