Peut-on concevoir une société réellement libérée, si pendant leur temps de travail, même considérablement réduit, les salariés continuent à être soumis à une activité aliénante, sans contrôle de sa finalité et de son sens ? Par quel miracle l’aliénation au travail, la concurrence entre les travailleurs, les habitudes de soumission et de renoncement engendrées par le despotisme d’entreprise s’évanouiraient-elles une fois passée la porte de l’entreprise ou du bureau ? Faut-il renoncer à transformer radicalement la société dans son ensemble mais aussi l’activité productrice et son organisation ? Il ne s’agit pas de sacrifier ici à la religion du travail. Mais on ne saurait confondre l’octroi de pauvres moyens de survie par un système économique inchangé et la conquête pour tous d’un authentique droit à la paresse, critère d’une véritable émancipation.
