Ainsi, le monde nous vint en morceaux…


Fragment n°3012

Elle ne sait, ne m’apercevant en vrai que par éclairs, constatant certes à chacune de ses visites que je grandis, mais pour mes idées comment pourrait-elle en soulever la trappe ? Moi-même je n’y vois goutte. Je tâtonne en moi plus que je ne réfléchis. Rien ne me paraît compréhensible. Tout m’effraie, le jour qui se lève, l’instant qui s’étrangle, l’heure qui va sonner. J’ai peur du noir où le danger afflue comme le sang à nos tempes. Pourquoi les autres ne s’inquiètent-ils pas plus ?

  • CHAILLOU Michel, 1945, Éditions du seuil, 2004, p. 131 .

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