La chauve-souris dans la littérature

Les seuils de pierre et les dalles du sol étaient creusés par l’usure. Les portes pendaient de guingois dans leurs encadrements. Des planches s’étaient détachées. Les murs grouillaient de souris et la charpente était remplie de nids d’oiseaux, de nids de guêpes et de crottes de chauve-souris. La maison était si vieille que personne ne se souvenait quelle famille l’avait construite. Personne ne voulait la réparer ni la nettoyer. C’était une maison qui rappelait un vieux, vieux chien qui n’aime personne et que personne n’aime, et qui vit dans son coin, sale, silencieux, à se gratter les puces. Les habitants de Sinshan, à l’époque, devaient être négligents de laisser ainsi cette maison à l’abandon. Il aurait été préférable de la détruire, de la démonter et d’utiliser les planches et les pierres en bon état, de la démolir et de bâtir une maison neuve. Mais parfois les gens ne font pas ce qu’il faudrait, ou ce qui est bien. Les choses continuent comme ça, elles sont ce qu’elles sont, et qui va donc les changer ? C’est la vie qui va. Il est difficile de s’occuper de tout.

  • LE GUIN Ursula, La Vallée de l’éternel retour, Éditions Actes Sud, p. 157 .

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