La chauve-souris dans la littérature

Mes yeux sont lentement remontés le long d’une silhouette diaphane, enveloppée d’un sari de soie. Ses cheveux dessinaient des arabesques blondes se mêlant aux motifs sombres du batik. On aurait dit une seconde peau, plus troublante encore.
Quelque chose s’est délicatement ouvert en moi, comme une de ces fleurs nocturnes qui s’offrent au ballet pollinisateur des chauves-souris.
J’ai pénétré dans la pièce obscure comme sous une voûte sacrée. Je ne savais déjà plus ce que je faisais vraiment.
Nos regards se sont vrillés, à travers l’obscurité. Ses yeux ressemblaient à deux cristaux de gel qui luisaient dans le noir. Une petite voix, une minuscule voix, perdue dans la tempête, me criait que je refaisais la même connerie que six ans auparavant, et que ce n’était vraiment pas le moment approprié, mais un événement plus puissant encore que mon orage cérébral l’a définitivement fait taire.

  • DANTEC Maurice Georges, Les racines du mal, Éditions Gallimard, 1995, p. 564 .

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